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FLAMENCO

 

SUENO GITANO

 

JOSE DE LA NEGRETA

 

           
                   
               
  Photo de Stéphane Pecorini

Domingo et Luís aiment à dire que José est un phénomène et que le fait qu’il chante si bien tient du miracle : en effet, si de nombreux guitariste et danseurs ont pu développer leur talent hors d’Andalousie, et même hors d’Espagne, il demeure tout à fait exceptionnel qu’un chanteur puisse faire de même. En effet, l’art du cante demande une intimité particulière avec la terre andalouse, il ne s’acquiert qu’au contact des aînés, par une longue imprégnation, et sa transmission ne fait jamais l’objet d’un apprentissage formel : il faut avoir ça dans le sang ! Or, bien que de parents gitans originaires d’Almería, en Andalousie, José est né à Marseille, loin du pays de ses ancêtres. Dès sa petite enfance, il est bercé par le flamenco, notamment en écoutant son père et son oncle, qui chantaient beaucoup. Mais il est plus attiré par la guitare, qu’il se met à étudier sérieusement. C’est donc d’abord en tant que guitariste qu’il a l’occasion d’entendre de près des chanteurs, cousins ou amis de la famille, mais sans pour autant chercher à les imiter.
Ce n’est que plus tard, en approfondissant son apprentissage du flamenco, que le besoin de chanter s’éveille en lui. Il a une bonne voix et, lors des fêtes, tout le monde l’encourage à chanter. Mais le fait de vivre en France représente tout de même un handicap : les occasions d’écouter de bons cantaores sont rares, et celles de s’y frotter encore plus. José a toujours été particulièrement attiré par le style de la province de Cádiz, dont l’aire, le compás et le cante représentent pour lui l’essence du flamenco.
Progressivement, José se plonge dans le monde du flamenco puro et commence à développer son talent inné pour le chant. Ce virage est capital pour lui : il commence à chanter régulièrement en soliste ou pour des danseurs et des danseuses, à participer à des concours de cante (il obtient le deuxième prix à celui de Nîmes en 1994). C’est Antonio Moya, avec qui José avait étudié la guitare, qui le présente un jour de 1997 à Pedro Bacán. Cette rencontre va être marquante. Grâce à Pedro, à sa soeur Ines et à toute leur famille, José accède aux secrets les mieux gardés du cante, tout en se nourrissant à l’écoute des vieux enregistrements de cantaores comme Antonio Mairena, Juan Talega, Manuel Torre, Juanito Mojama, ou encore la Niña de los Peines ou Fernanda de Utrera. Ce premier CD personnel est un hommage qu’il tient à rendre collectivement à ces grands maîtres du cante.

DOMINGO RUBICHI

Domingo est né en 1971 à Jerez de la Frontera, dans la famille gitane des Rubichi, des Agujetas et de Tío Juani. C’est une famille de forgerons, très versée dans le flamenco, dans laquelle tout le monde a toujours chanté, dansé ou joué de la guitare. Rubichi, le père de Domingo, est un cantaor réputé. Mais Domingo est plus attiré par la guitare, qu’il apprend en écoutant des musiciens comme Rafael del Aguila, Manuel Parrilla, Niño Jero ou Manuel Morao et son fils Moraíto.
C’est dans la lignée de ces purs représentants de la tradition de Jerez que se situe Domingo, beaucoup plus que dans celle d’un Paco de Lucía, que tous les jeunes guitaristes cherchent à imiter. Depuis son plus jeune âge, il accompagne les meilleurs artistes de la région, chanteurs comme danseurs. Son jeu sobre et limpide, d’une grande précision rythmique, leur offre un soutien efficace, inspirant et révélateur, dans le plus pur style de Jerez. « Jerez est un lieu à part, affirme-t-il ; il y a dans cette terre quelque chose qui vient de Dieu et qui fait que le flamenco y est différent ».

LUÍS DE LA TOTA

Ami d’enfance de Domingo, Luís baigne dans le flamenco depuis sa naissance. Ses parents étaient des artistes amateurs de bon niveau. Ils chantaient aux baptêmes, aux mariages, à la forge, ou lors de fêtes familiales, mais n’en ont jamais fait leur métier. « Quelque chose se transmet ainsi, mais tous les gitans andalous ne sont pas nécessairement pour autant flamencos », dit-il ; « il faut à un moment donné que tes parents ou quelqu’un t’explique, sinon tu ne pourras jamais jouer correctement. »
Il commence la percussion en tapant sur le petit coffre où sa soeur rangeait sa poupée : ce fut son premier cajón. C’est ensuite qu’il se spécialise dans le rythme et qu’il devient un des percussionnistes les plus appréciés du monde flamenco, tant au cajón qu’aux palmas. Doté d’un talent d’improvisateur exceptionnel et d’une sensibilité aux rythmes les plus divers, Luís est également un poète apprécié, qui compose de nombreuses letras pour les chanteurs de Jerez.
Précisons encore que José, Domingo et Luís se sont rencontré en travaillant ensemble avec la danseuse Ana la China, avec laquelle ils ont notamment participé au spectacle « De Bénares à Jerez », qui confronte le flamenco à la danse kathak de l’Inde.

 
 
 
   
       
     
                                                 
   

ARTISTES : José de la Negreta (Cante) - Domingo Rubichi (Guitarra) - Luis de la Tota (Palmas, cajon).

       
                                                         
                                   

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Autres Artistes : Ensemble Kaboul, Soungalo Coulibaly, Ensemble Aznach, Lucy Acevedo, Xhemali Berisha, Junko Ueda, Nelson Rojas, Parvathy Baul, Marina Pittau. NEWS : Prem Kishor, Maciré Sylla

Autres Disques : Nastaran, Dengo, Zoura, Négra, Hapi Syté, Satsuma-Biwa, Bulenga, Radha Bhava, Raighinas

       
       

Nouveauté : Varanasie Ras, Sarefi

       
 

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