Né
à Caracas en 1953, Nelson Rojas est l’aîné d’une
famille de quatre enfants, « une famille sans histoires »,
selon ses dires.
De dix à quinze ans, Nelson joue du cuatro dans un groupe traditionnel
de gaita zuliana appelé Cadafé, du nom de l’entreprise
locale qui parrainait l’orchestre et payait ses uniformes. Benjamin
de la troupe - il lui avait fallu une autorisation spéciale de
ses parents pour y participer -, Nelson en est peu l’attraction
en raison de son jeune âge.
Depuis son enfance, Nelson dit avoir eu la « manie » d’écrire
une sorte de journal semi-imaginaire de ses rencontres, sous forme de
petites nouvelles ou de poèmes, qu’il tente parfois de mettre
en musique.
À l’âge de dix-sept ans Nelson quitte le Venezuela
pour la Suisse.
De 1980 à 1982, ses études finies, Nelson quitte Genève
pour Londres, où il s’inscrit au London Film School, une
école de mass-media.
Il retourne à Genève en 1982 pour épouser Claire,
une Suissesse, qui lui donnera un fils, Arsemio, né en 1992. Il
travaille d’abord dans un centre de réinsertion pour toxicomanes,
puis à l’hospice général, avant d’être
engagé, en 1985, par l’AMR, une association de jazz, en tant
que coordinateur des ateliers de musique.
C’est aussi en 1985 qu’il fonde son propre ensemble, Bulenga,
dont la formation a constamment changé en fonction des rencontres
et des idées, dont la réalisation implique des formations
diverses.
Selon lui, la musique de Bulenga se distingue de la salsa par l’importance
accordée aux textes et par le raffinement de ses grilles harmoniques,
marquées de l’influence du jazz. Elle comporte en outre une
saveur proprement vénézuélienne, où l’on
retrouve autant la mémoire des rythmes afro-vénézuéliens
de la gaita zuliana que celle des formes plus hispaniques de la musique
des plaines (música llanera) telles que vals, joropos, pasajes…
Nelson reconnaît notamment l’influence du chanteur et joueur
de cuatro Simón Díaz, dont il apprécie particulièrement
l’humour et la drôlerie des paroles, pleines de sous-entendus,
de jeux de mots et de sens cachés : des qualités littéraires
qu’on retrouve d’ailleurs constamment dans ses propres chansons.
Auteur et compositeur de toutes les pièces de ce disque, Nelson
Rojas compose généralement en s’accompagnant à
la basse, rarement à la guitare. Il affirme que, dans ce processus
créatif, l’inspiration prime toujours le désir de
composer. Il évoque à cet égard l’image d’un
bébé en gestation ; à un certain moment, il sent
qu’une chanson va naître et qu’il faudra qu’il
lui consacre du temps : « C’est d’abord un petit air
qui se met à tourner avec insistance dans ma tête ; puis
les paroles surgissent progressivement avec leur mélodie ; ce sont
ensuite les rythmes, et enfin les harmonies qui se mettent en place. C’est
à ma façon, en particulier les arrangements, mais je ne
décide jamais de composer. »
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